lyricson

lyricson
Soulemane Boukara aka LYRICSON est né en Guinée en 1979 et a beaucoup voya durant son enfance (Afrique, Etats Unis...) pour finalement s'installer en France. Il bute vraiment sur scène en travaillant avec le groupe de rap Assassin puis rencontre Manu Chao qui l'engage sur sa tournée mondiale comme choriste et première partie : cette rencontre est cisive dans sa carrière, il acquiert une grande exrience scénique en jouant devant des stades pleins à craquer. Dès son retour , il part aux quatre coins de la France chanter en sound system et parfois en live avec Mafia & Fluxy ou le 21st Century Band. En 2004, LYRICSON est l'artiste reggae le plus attendu du moment et le meilleur espoir de voir un artiste issu de la sne reggae française percer à l'étranger. Son premier album « Born To Go High » sort chez Special Delivery. Qu'il soit seul sur scène ou avec le collectif Black Unite, il met le feu de la Bretagne jusqu'aux Alpes.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 14:11

Modifié le jeudi 22 mars 2007 02:34

Massilia Sound System

Massilia Sound System
Massilia Sound System est un groupe de "rub a dub", mode d'expression proche du rap, dont les origines ne se trouvent pas aux Etats-Unis, mais à la Jamaïque. Leurs débuts datent de 1984. Le nom que les membres du groupe ont choisi est une fusion entre leur origine marseillaise (Massilia = Marseille en latin) et leur culture musicale qui tourne essentiellement autour du reggae (Sound System = sono ambulante en Jamaïque). Les trois fondateurs se nomment Tatou, compositeur et improvisateur de choc sur scène ; Jali, tchatcheur d'origine sicilienne pour qui les mots se débitent plus qu'ils ne se disent; Goatari, homme du son et des machines.

Reprenant une t
radition de troubadours chère à la culture méditerranéenne, ils utilisent la joute verbale en langue provençale et chroniquent ainsi la vie de leur cité. Le patois local leur permet d'affirmer leur identité tandis que le tempo donné par le rub a dub en est le canal de diffusion.


Ragga occitan

E
n 88, le groupe rencontre à Toulouse, d'autres musiciens d'inspiration rap : les Fabulous Trobadors et les Bouducon Production. Ils partagent les mêmes idées. Bons vivant, rigolards, ils n'oublient pas pour autant de démontrer que leur culture si particulière est importante face à la mainmise parisienne sur l'ensemble de l'Hexagone.

Massilia f
onde son propre label en 89 : Roker Promocion. Il fait partie de leur plan d'intervention locale. Rien n'est plus important pour eux que de communiquer et de faire connaître le mouvement musical dont ils sont les initiateurs, le raggamuffin occitan. Ils proposent ainsi à des artistes originaires de cette région, d'exercer leur talent sans être obligés d'aller à Paris. Tatou, entouré d'une équipe fidèle, leur sert d'ingénieur du son. Roker Promocion a ainsi permis la sortie de disques ou cassettes de IAM, Fabulous Trobadors et évidemment Massilia eux-mêmes.

En
89, le trio commence par sortir une cassette de quatorze titres intitulée "Rude et souple". L'année suivante, ce sera quinze autres titres "Vive le PIIM" sur le même support. En novembre 1991, c'est le grand saut : en effet, de nombreux morceaux ayant été enregistrés dans leur studio, une maquette est prête. Un CD peut donc sortir. L'album s'appelle "Parla Patois" et profite d'une diffusion nationale. Le résultat est gai, plein d'humour et on y vante le PIIM, un "parti indépendantiste internationaliste marseillais" invention délirante de la bande. On y parle aussi football, fêtes en tout genre, et vie de quartier. "Violent" est le simple issu de l'album. Une tournée est organisée juste après et rassemble tous les aficionados des chaudes ambiances.

Nouveaux fe
rs de lance d'une tradition modernisée, Massilia Sound System sort un second album en 1993 intitulé "Chourmo". C'est ainsi qu'il nomme la bande de copains, le Posse en jargon rap. Enregistré en septembre dans leur "Estudio Zero" (installé à Vitrolles près de Marseille), l'album contenant seize titres, sort en novembre. Il est propulsé grâce au single "Qu'elle est bleue". Comme après la sortie du premier CD, ils enchaînent sur une tournée pendant l'année 94.



Offensi
fs

En 95, forts
de leur expérience d'une petite dizaine d'années, les membres de Massilia Sound System, (qui dorénavant sont cinq), concoctent un troisième album, "Commando Fada", où les rythmes jamaïcains flirtent toujours avec la verve folklorique provençale. L'esprit festif est toujours au rendez-vous, et la valeur de leur identité culturelle est inlassablement remise à l'ordre du jour. Souvent offensifs, les Massilia défendent une certaine idée de la cité phocéenne, même s'ils reconnaissent à contre cour que tous les Marseillais ne partagent pas leurs idées. Leur énergie est grande et leur message à la jeune génération (les "minots" comme ils disent) quasi politique. Leur mot d'ordre pourrait être : allons de l'avant et forçons les choses. Le 28 juin 95, ils viennent donner un concert à la Cigale à Paris et "mettent le feu", comme s'il s'agissait d'un match de la célèbre équipe de football marseillaise. La tournée qui s'ensuit est à l'image de ce "but" parisien et les Massilia tournent à travers la France durant de nombreux mois. Début 97, ils sortent d'ailleurs un live, "On met le Oai partout".

De retour d'un
voyage en Inde, ils concoctent un nouvel album intitulé "Aïollywood" en référence à "Bollywood" le Hollywood indien. Ils y découvrent que la musique de film a une place prépondérante et se plaisent à imaginer un doux mélange entre leur ragga et ce folklore si lointain. De retour à Marseille, ils rencontrent Rishi, joueur de sarod (luth), violon et flûte indienne. Goatari, parti vers d'autres horizons musicaux, Lux B et Gari, jusque-là cantonnés dans les second rôles et dorénavant parties intégrantes de Massilia, la physionomie du groupe en cette année 97 se transforme un peu. Même si le premier simple "Pas d'arrangement" est dans la veine des précédents albums, on trouve aussi des titres un peu différents tels "Raja Occitani", histoire de concéder à la continuité quelques changements ! Peu enclins à un retournement radical de leurs positions, Massilia Sound System propose en effet une cuisine musicale quasiment familiale qui sent bon le sud de la France, avec simplement quelques épices importées de l'Asie du sud.


Déménag
ement

Au print
emps 98, Massilia s'installe à la Ciotat. Ayant délaissé Vitrolles pour cause d'incompatibilité politique avec la nouvelle mairie d'extrême droite, le groupe désire continuer le travail de terrain avec les groupes locaux dans un environnement qui lui convient mieux. Des ateliers de musique assistée par ordinateur, d'écriture et de chant fonctionnent une fois par semaine. Des nombreux projets de cet ordre doivent pouvoir être développés dans ce nouveau cadre.

Leur ac
tivité discographique continue, elle aussi, avec la sortie en avril 99 d'un album de remix intitulé "Marseille London Experience" enregistré avec Mad Professor et les Robotiks rencontrés lors de la dernière Coupe du monde de football.

Un an plus tard
, le 19 avril précisément, ils sortent "3968CD13", un album dont la pochette représente une magnifique 2CV, légendaire spécimen de l'histoire automobile française et qui symbolise la convivialité et la résistance (dans tous les sens du terme), maître mots du groupe depuis leurs débuts. Les Massilia Sound System offrent toujours concerts et pastis dans un même élan amical. Et pour la sortie du disque, au Docks des Suds, sur les quais marseillais, ils ne s'en privent pas. Reggae, ragga, tchatche sont à jamais les éléments constitutifs de leur répertoire, le tout sur des textes joyeux et engagés à la fois.

Collectif quasi familial, le réseau Massilia s'est installé dans une maison au milieu des oliviers. Studios, bureaux, beaucoup de gens vivent, travaillent et se croisent ici dans une ambiance associative et surtout très conviviale pour tous les jeunes artistes de la région.

Très r
égulièrement, les membres du groupe prennent le micro dans des sound-system. En octobre 2002, Massilia sort un nouvel album intitulé "Occitanista". On y retrouve outre le ragga made in Occitanie des incursions musicales du côté de l'Afrique avec la participation de Hadja Kouyaté, griotte guinéenne et du Brésil avec le chanteur Naçao Zumbi.

Ma
ssilia part directement en tournée et se produit notamment à Marseille le 12 octobre pour la Fiesta des Suds et à Paris le 12 décembre au Bataclan. Au printemps 2003, le groupe repart sur les routes de France pour une vingtaine de concerts.


20 ans!

Après une année 2003 marquée par une tournée effrénée de plusieurs mois, le Massilia Sound System a soufflé ses vingt bougies lors d'un unique concert au Dock des Suds le 7 mai 2004 à Marseille. A cette occasion, les troubamuffins phocéens publient Massilia Fait tourner, un double CD/DVD live.


En
tre délire et conscience politique et sociale, les Massilia Sound System ouvrent pour un mouvement musical pluri-culturel, espérant que cela pourra un jour s'appliquer aussi à la société dans son ensemble.

massilia sound system son :
brule ces papier
le son du ragga
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 14:32

Modifié le lundi 07 mai 2007 07:24

rien que pour le bonheur de vos yeux

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# Posté le jeudi 22 mars 2007 03:56

matmatah

matmatah
Tout commence en 1995, lorsque Stan et Sammy (qui, à cette époque, formaient un duo appelé "Tricards Twins") rencontrent Eric et Fanch dans les bars de Brest. Ils décident de créer Matmatah, un groupe d'ethno-rock celtique.

En Juillet 1997, Matmatah sort son premier single : Lambé An Dro - Les Moutons. Ils pressent d'abord 1000 singles, qui partent au bout d'une semaine. Au fur et à mesure que les disques sont pressés, ils sont vendus en quelques semaines : Ils écouleront ainsi 30 000 singles, ce qui les fera connaître à travers toute la Bretagne.

Dep
uis septembre 1995, ils ont donné plus de 350 concerts à travers le pays. Ils ont d'abord commencé par passer dans les bars de Brest, pour ensuite s'attaquer à la Bretagne toute entière qui ne demandait que ça ! On a ainsi pu les voir dans de nombreux festivals, tels que le Festival Interceltique de Lorient, les Vieilles Charrues, le Week-end à Saint-Nolff, ou encore le Printemps de Bourges, où Matmatah a reçu le Prix Découverte Départementale (1997).

Finalement, en Juin 1998, Matmatah sort son premier album : La Ouache. Enregistré en Angleterre, il est produit par Tréma (distribué par Sony Music). Cet album fait alors découvrir à la France entière l'énergie musicale (la Ouache !) dont Matmatah déborde : Plus de 600 000 albums seront vendus !

De
puis, Matmatah a donné de nombreux concerts à travers toute la France, apparaissant dans bon nombre de festivals en tous genres. Le groupe a même eu l'occasion de saluer quelques pays étrangers, continuant ainsi sa tournée pleine de Ouache.

M
atmata (pas de "h") est un petit village troglodyte situé au Sud-Est de la Tunisie. Le groupe a choisi de porter ce nom car Stan y a vécu pendant son enfance.
C
e village est un peu particulier : en effet, il est constitué d'habitations creusées dans la roche (appelées maisons troglodytes). D'autre part, ce village a servi de tournage pour lelèbre film "La Guerre des Étoiles".

matmatah video :
emma
lambe an do

# Posté le jeudi 22 mars 2007 04:12

Modifié le dimanche 15 avril 2007 07:55

max romeo

max romeo
Bien que peu connu, Max Romeo est un des plus grands chanteurs de l'histoire jamaïcaine. La rétrospective concoctée par Blood and Fire est l'occasion de revenir sur l'œuvre du vocaliste rasta qui, comme Junior Byles et Bob Marley, marqua les seventies par son engagement politique. Précurseur du son roots et du dub chanté, il intégra le style lent et polyphonique des chants rasta dans le reggae, amenant les orchestres avec lesquels il joua, comme les Upsetters, à inventer des riddims adaptés à son style.

Max Romeo est né
Max Smith en 1944, du côté de St. Ann. Son surnom lui est attribué dés ses premiers pas sur scène, pour les raisons qu'on imagine. Il enregistre quelques titres à partir de 1967, dont Wet dream, sous la responsabilité du producteur Bunny Lee notamment. Il est alors le leader des Emotions avant de rejoindre les Hippy boys, aux côtés d'Aston Familyman Barret et de son frère Carlton. Plus tard, les Hippy boys deviendront les Upsetters sous la férule de Lee Perry. Familyman et Carlton barrett accompagnent d'ailleurs de nombreux morceaux contenus dans Open the Iron Gate, témoignages des multiples collaborations initiées dans les années soixante.

Dans les années 70, Max
Romeo entame une double collaboration avec Lee 'Scratch' Perry d'une part et Winston 'Niney' Holness d'autre part. Les deux producteurs coopèrent d'ailleurs régulièrement, comme pour Rasta Bandwagon ou Babylon' burning. Il acquiert une renommée internationale en 76 avec War ina Babylon, distribué par Island. Impressionné par le rythme de ce morceau, Bob Marley demanda à Scratch la permission de le chanter lui-même. Fair-play, Scratch lui fit comprendre qu'il revenait à Max de l'interpréter. Open the Iron Gate est une collection de morceaux enregistrés à cette époque au studio Black Ark ou au Randy's, la plupart avec Lee Perry.

La période re
tenue pour cette sélection n'est pas innocente. 1973-1977 c'est, en gros, la période du premier gouvernement PNP (People National Party, de gauche) en Jamaïque, dirigé par Michael Manley (1972-1976). Max Romeo contribua fortement à la victoire de Manley, qui ouvrit une période faste pour le reggae. A l'aube des seventies, Rastafarisme et socialisme semblaient devoir fusionner, pour le bien des Rastas, du peuple jamaïcain et de ceux du tiers-monde. Le superbe livret confectionné par Blood and Fire rappelle cette époque : le Che Guevara y côtoie Marcus Garvey et Heile Selassie.

Le rôle politiqu
e joué par Max Romeo à cette époque est à mettre en perspective avec l'histoire jamaïcaine. Depuis 1962, date de l'indépendance de l'île, le JLP (Jamaican Labour Party, de droite malgré son nom) occupe le pouvoir d'une main de fer, réprimant le mouvement rasta et affichant son indifférence aux problèmes sociaux. Durant ces années difficiles, où s'accélèrent l'exode rural et le développement des ghettos urbains, le mouvement rasta et le reggae émergent, réponses forcément insuffisantes à ces maux. Le pouvoir politique est hostile à ces turbulences, comme le dit Bustamente, alors Premier Ministre de l'île, en 1963 : Tous les Rastas que les prisons ne pourront contenir iront au cimetière. A la même époque, Edward Seaga, alors Ministre du logement, décide de faire raser – sans prévenir – le quartier rasta de Back'O Wall (à l'ouest de Kingston) pour y bâtir un complexe immobilier dans lequel il logera ses partisans, Tivoli Gardens. Cet épisode marqua fortement les Rastas, qui essaimèrent ensuite un peu partout dans l'île, dynamisant ainsi un mouvement que Seaga voulait annihiler.

A l'app
roche des élections de 1972, le très charismatique Michael Manley parvient à fédérer derrière lui les rastas et les reggaemen. Symboles de rébellion, ils sont pour lui un allié de poids. Pourtant apolitiques traditionnellement, ils sont persuadés d'avoir trouvé un guide à la mesure de leur mythologie. Fan de reggae et tiers-mondiste convaincu, Manley sait parler aux Rastas, utilisant notamment des métaphores tirées de l'Ancien Testament pour s'attirer leur sympathie. Alors que ces derniers s'identifient aux israélites persécutés par les Pharaons égyptiens, Manley acquiert le surnom de Joshua (Josué en français), successeur de Moïse qui fit traverser le Jourdain aux Israélites pour les conduire vers la terre promise. De retour d'un voyage en Ethiopie en 1970, Manley déchaîne la ferveur rasta en exhibant un bâton (rod of correction) que lui aurait remis Haïle Selassié, Jah, Dieu des Rastas, empereur d'Ethiopie. Ce coup de pub génial transforme Manley en prophète, capable de dissiper les maux qui frappent le peuple noir en levant simplement sa rod of correction, à la manière de Joshua ou de Moïse. Les reggaemen s'emparent de ce thème et multiplient les chansons à la gloire de leur champion. Sur Tedious, Junior Murvin reconstitue la légende :

Moïse a donné s
on bâton à Joshua pour tirer son peuple d'Egypte
I
l a donné son bâton à Manley

Avec Let the power f
all for I, Max Romeo offre à Michael Manley l'hymne officielle de sa campagne électorale. Max Romeo participa en outre à une vaste tournée de soutien, Bandwagon, aux côtés de Bob Marley, Ken Booth, Derrick Harriot et beaucoup d'autres jeunes artistes de l'époque. La tournée se déroule dans une ambiance chaude, les nervis du JLP attendant régulièrement la caravane pour faire le coup de poing. A la suite de Max Romeo, de nombreux artistes viennent soutenir Michael Manley ; la politisation de la musique sert les reggaemen, qui en tirent un surcroît de popularité et peuvent inscrire concrètement leur démarche rasta dans le projet d'émancipation que propose Michael Manley au travers de son socialisme version jamaïcaine. A la suite du Socialism is love de Max Romeo, Delroy Wilson sortira Better must come (co-écrite avec Max) et Junior Byles écrira ses titres les plus marquants, dont le célèbre Beat down Babylon. Les producteurs comme Lee Perry, Coxsone et Bunny Lee, soutiennent ouvertement ce mouvement, étant eux-mêmes des partisans du PNP. Fort de ce soutien, Michael Manley remporte les élections contre le candidat du JLP, Hugh Schearer.

Malgré la ferveur popul
aire, Michael Manley éprouve les pires difficultés à mettre en œuvre son projet social. Proche de Cuba et de Castro, Manley suscite l'hostilité des Etats-Unis, qui entravent l'action gouvernementale pour favoriser un retour aux affaires du JLP. En 1974, Max Romeo, pourtant ami personnel du premier ministre, publie un single qu'il lui dédie, No Joshua No. Pas content, il met en garde Manley contre la désaffection qui le menace :

Michael Manley réag
it en invitant son ami Max à la Jamaican House pour le féliciter. Il aimait tellement sa chanson qu'il l'avait copié trois fois de suite sur une cassette pour pouvoir l'écouter en boucle !

Ces jeux p
olitico-musicaux se poursuivront durant toute la décennie, dressant un journal chanté de l'actualité jamaïcaine. Tout y passe. Quand le Crash programm est mis en œuvre, permettant l'entretien et le nettoyage des rues, les Abyssinians se fendent d'un titre pragmatique, Crashie Sweep them clean, où ils encouragent les balayeurs. Lorsque le gouvernement met en place les premiers programmes sociaux, Prince Far I répondra à Max Romeo via une chanson intitulée Yes Joshua. Junior Byles, de son côté, reprenait le riddim de Better must come pour chanter When will better come ?, soulignant ainsi le non respect des promesses électorales du PNP.

La situ
ation se corse lorsque le FMI cesse de soutenir financièrement la Jamaïque, déjà en proie à une dévaluation. La crise pétrolière touche durement l'île, qui s'enfonce dans la récession. En faillite, le socialisme démocratique du PNP n'attire plus la sympathie. Les rastas constate jour après jour la dégradation des conditions de vie, et appellent de leurs vœux de nouveaux changements. En 1976, Max Romeo jette l'éponge et quitte la Jamaïque pour des raisons de sécurité. Violemment opposé au JLP mais affichant un soutien critique au PNP, il ne comptent que des ennemis, décidés à le faire taire. Un de ses amis, Bill Gentles, interprétait cette année là Take that rod from off our backs, en référence à cette cane (rod of correction) grâce à laquelle Michael Manley était censé libéré les Rastas. Chantée sur le même riddim que Let the power fall for I et avec une voix proche de celle de Max, le titre suscite la fureur des hommes de main du PNP, qui multiplient les menaces à l'encontre de Max et de sa famille. Comme Bob Marley à la même époque, Max Romeo doit partir de cette l'île pour échapper au destin tragique qui frappera d'autres reggaemen, comme King Tubby, assassiné pour d'obscures raisons dans sa maison. La même année, en 1976, Michael Manley est réélu, de peu. L'enthousiasme est retombé. Quatre ans plus tard, Edward Seaga et le JLP reviennent au pouvoir, dans une Jamaïque à feu et à sang.

Après cette e
xpérience, Max Romeo abandonne la politique pour se concentrer sur des textes plus sentimentaux. Installé aux Etats-Unis, il participe à une comédie musicale jouée à Broadway, Reggae, et apporte son concours aux Rolling Stones sur l'album Emotional Rescue. Au cours des années 80, le reggae suivra une évolution similaire à celle de Max Romeo, le développement du ragga marquant une dépolitisation de la musique. Les gunmens du ghetto marchent pour la dope et pour le fric tandis que les Rastas, désabusés par l'épisode Manley, abandonnent toute idée d'action politique : pas de collaboration avec Babylone.

Revenu en Jamaïq
ue au début des années 90, Max Romeo continue aujourd'hui d'enregistrer et de tourner, collaborant notamment avec Jah Shaka et Tappa Zukie.

Open the
Iron Gate est un fabuleux témoignage des golden seventies, révélant un Max Romeo simplement génial. A l'écoute des douze titres mythiques qui composent l'album, une certaine mélancolie surgit devant l'optimisme affiché. Les rastas inventaient une nouvelle spiritualité et s'attaquaient aux maux du monde avec un son puissant et inédit. La faillite des idéaux humanistes, perceptible dans la vague de violence qui ravage en ce moment la Jamaïque (l'armée est dans les rues, Kingston vit à l'heure du couvre-feu et des fusillades entre gangs), dresse un miroir sombre face à cette histoire inachevée. Simultanément, l'audition des vieilles compositions de Max Romeo provoque la nostalgie d'une époque où chanteurs, musiciens et producteurs animaient – par quelle magie ? – des studios analogiques délirants, comme le Black Ark de Lee Perry, d'où sortaient chaque semaine des vinyles au son hallucinant. Il est d'ailleurs regrettable que Max Romeo n'ait pas poursuivi sa collaboration avec Scratch Perry, qui lui fit atteindre des sommets de créativité et d'esthétisme.



Les c
ollaborations prestigieuses se multiplient sur cette compilation. Aux côtés de Familyman figurent Sly Dunbar à la batterie et Robbie Shakespeare à la basse. Ernest Ranglin se fait entendre sur Melt away tandis qu'Earl 'Chinna' Smith apparaît ici et là. Lee Perry intervient à de multiples reprises, pour pousser des cris ou jouer des percussions selon l'humeur. Enfin, Richard 'Dirty Harry' Hall, Bobby Ellis et Tommy Mcook tiennent la section cuivre, admirable de puissance et de conviction sur Valley of Jehosophat (tremble Jericho, tremble). Revelation Time, titre phare d'un album concept produit en 1972, constitue le pivot de cette rétrospective. Pour la première fois, le morceau et son versant Dub, Hammer and Sickle, sont réédités en CD. Avant cela, l'album s'ouvre sur Every man ought to know, ballade rasta chantée d'une voix enjôleuse. Three blind Mice est, vous l'aurez deviné à la lecture du titre, un morceau écrit avec Scratch, tournant comme un fou dans son studio pour trouver de nouveaux sons ou tout autre bruit susceptible d'intriguer l'oreille. Le morceau reprend en effet le rythme d'une comptine (l'équivalent jamaïcain de notre souris verte) pour raconter l'histoire d'un raid de la police dans une soirée. Three blind mice fut un des principaux hits de l'année 75 en Jamaïque. Rieur et moqueur, Max Romeo épingle le Pape (Fire for the Vatican, vraiment marrant), les classes dirigeantes (Warning) ou la police (Three Blind Mice) en déformant sa voix, passant des graves aux aigus, s'emportant comme un chanteur de gospel ou roulant à l'infini les injonctions à la mode rasta. Enfin, les peu connus No peace et Tacko déboulent comme des météores sonores. Trois coups de basse, une nappe de synthé, et la voix cristalline de Max Romeo qui tombe, en trois temps, après l'inflexion initiale : " There'll ... never be no peace/no peace/ in Babylon " (No peace). L'intro de Tacko, elle, est constituée d'un riff de guitare électrique sur lequel Max Romeo semble souffler la fumée d'un spliff avant de se lancer, plaintif : " there's a rasta confuse ... ".

max romeo video :
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# Posté le jeudi 22 mars 2007 04:15

Modifié le mercredi 28 mars 2007 14:10