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augustus pablo

augustus pablo
Producteur, arrangeur, compositeur, organiste, joueur de clavinet et de mélodica de reggae et de dub jamaïcain, 1969-1999 : né en 1954 à St Andrew, Jamaïque, mort le 18-05-1999.

O
bjet d’un véritable culte, ce producteur est l’un des plus révérés du reggae de l’âge d’or des années 70. Musicien de studio original, mélodiste et réalisateur inspiré, il a produit quelques-uns des premiers chefs-d’oeuvre du dub souvent mixés par King Tubby, inspirant dans le reggae différents musiciens britanniques comme The Clash, Gang Of Four, Joe Jackson ou New Order.


Auto
didacte, il apprend le piano au Kingston College School et accompagne le gospel sur l’orgue de son église locale. Il emprunte alors à sa fiancée un mélodica, sorte de clavier jouet en plastique dans lequel on souffle à la manière d’un petit saxophone droit. A la fin des années 60, le producteur Herman Chin Loy des disques Aquarius et Scorpio publie différents instrumentaux reggae à l’orgue (compilation Augustus Pablo & Friends, The Red Sea, Aquarius-Black Solidarity) joués surtout par l’organiste des Upsetters, Glen Adams, sous le pseudonyme déjà existant d’Augustus Pablo. Glen «Capo» Adams quittera l’île en 1971. Quand le frêle Swaby se présente à Chin Loy, il enregistre son premier 45 tours, «Iggy Iggy» (Aquarius, 1969), au studio Randy’s. Puis, dans le même style, «Cassava Piece» et «East Of The River Nile» sur une rythmique proche du «Papa Was A Rolling Stone» des Temptations. Swaby y utilise un orgue et introduit en outre le mélodica dans le reggae. C’est le premier exemple du son Far East aux gammes mineures, fragiles et hypnotiques, qu’il développe alors en reprenant le pseudonyme d’Augustus Pablo. Il est vite copié. Le mélodica est en ce temps-là utilisé par Glen Brown, Joe White, Pablo Black (qui reprend lui aussi ce prénom) et bien d’autres, comme Peter Tosh (dans la production de Lee Perry «Sun Is Shining» de Bob Marley & The Wailers notamment). Pablo enregistre ensuite directement pour Clive Chin, propriétaire de Randy’s, et l’influent «Java», élu 45 tours de l’année par la presse, est son plus gros succès. Keith Hudson grave aussi ses «Fat Baby» et «The Killer», Leonard Chin son «Lover’s Mood», Lee Perry ses «Hot And Cold» et «Vibrate On», et Bunny Lee toute une série de faces B de 45 tours comme «Pablo Desire» (Pablo & Friends, RAS, 1992). Par la suite, Clive Chin publiera l’album This Is Augustus Pablo (Kaya-Tropical 1972), suivi de Thriller, un premier grand classique où un choix judicieux de rythmiques Randy’s alliées au son irréel de Pablo déclenchera un engouement chez nombre de producteurs. Pablo est alors un musicien de studio et arrangeur très demandé par les plus grands noms du reggae, et il enregistre des centaines de morceaux au mélodica ou en tant qu’organiste-clavinetiste-pianiste. Puis ce sera Ital Dub (Trojan, 1975) pour Tommy Cowan.

Son
frère Garth Swaby lance alors son sound system, Rockers, qui donne en 1972 son nom aux productions de disques et plus tard à la boutique d’Orange Street de Pablo. Il copie d’abord de populaires rythmiques Studio One réalisées par Coxsone Dodd, où il reprend les solos du légendaire Jackie Mittoo, puis arrange et publie peu à peu ses propres compositions (apparues en 45 tours sous les labels Message, Hot Staff, Rockers, Yard), surtout des instrumentaux où il joue du mélodica (remixés ensuite en dub par King Tubby). Pablo enregistre avec les meilleurs musiciens de l’île, souvent avec Earl «Chinna» Smith, Leroy « Horsemouth» Wallace, Robbie Shakespeare ou la rythmique de Bob Marley, les frères Barrett. Vers 1973 il confie ses meilleures productions à King Tubby, qui les remixe : l’album King Tubby Meets The Rockers Uptown (Yard-Clocktower, 1974) reste un des grands chefs-d’oeuvre du dub. Il produit le meilleur album de Jacob Miller (compilation 1974-1975 Who Say Jah No Dread, Greensleeves, 1990), suivi par le 33 tours de dub East Of The River Nile (Message, 1978), où collaborent les légendaires ingénieurs du son Tubby, Jammy, Sylvan Morris et Lee Perry, qui en enregistre une partie dans son fameux studio Black Ark. Pablo produira aussi le classique du chanteur de seize ans Hugh Mundell, «Africa Must Be Free By 1983» (Message-VP-Greensleeves, 1978, suivi de «Time And Place», Muni Music). Il produit d’autres grands albums de dub comme Africa Must Be Free By 1983 Dub (Message-VP-Greensleeves, 1978), les compilations de 45 tours Original Rockers Volumes 1 & 2 (Rockers International, 1979 et 1989) et Rockers Meet King Tubby Ina Firehouse (Shanachie, 1980). L’évolution du son des années 80 le déstabilise, mais Earth Rightful Ruler (Message, 1982), King David’s Melody (Alligator, 1983), Rising Sun (Greensleeves, 1986), Rockers Come East et Eastman Dub (Greensleeves, 1988), Rockers Story (Ras, 1989), One Step Dub et Blowing With The Wind (Greensleeves, 1990, un retour réussi), et Pablo Meets Mr. Bassie (1991) suivent néanmoins.

Il produi
t deux albums pour Junior Delgado (Raggamuffin Year, Rockers International, puis le consistant One Step More) et un de Tetrack (Let’s Get Started). Ses disques avec Yami Bolo (Jah Made Them All, Greensleeves, 1990), qu’il accompagne en 1987 et 1989 en Europe (Paris, à la Mutualité), et quelques autres interprètes sont inégaux, mais à partir de 1988 iI parvient à contrôler le son numérique (digital en anglais) avec assurance. Discret, capricieux et de faible constitution, souvent malade, atteint d’une grave gangrène à la jambe dans les années 90 (trop mal portant, il n’a pu monter sur scène au Bataclan à Paris en juin 1998), Augustus Pablo sait communiquer une paix intérieure reflétée par ses meilleurs disques. Il est mort en mai 1999, quelques mois après la parution de son album Valley Of Jehosaphat.

augustus pablo video :
java live 1986

# Posté le samedi 17 mars 2007 08:55

Modifié le samedi 24 mars 2007 08:25

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